Résumé Historique sur l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem

 

L’ordre de Saint Lazare trouve son origine dans la léproserie des Arméniens, installée bien avant les croisades en dehors des murs de Jérusalem, près de la porte Saint-Étienne.

En 1090, les moines de cette léproserie se constituèrent en Ordre sous la direction de leur plus ancien Grand Maître connu, un Alsacien, le Bienheureux Gérard, de la lignée des comtes de Dabo-Eguisheim, que longtemps on appela à tort « TENQUE ».

Quatorze ans plus tard, ce Bienheureux Gérard créa aussi l’ordre de Saint-Jean (ie. « Malte »).

Les membres des autres ordres de chevalerie, s’ils étaient frappés par la lèpre, étaient soignés chez leurs confrères de Saint Lazare qui les intégraient dans leurs rangs.

Pour défendre leur lazaret et les Lieux Saints, les chevaliers de Saint Lazare participèrent à de nombreux combats.

Au cours des siècles, l’Ordre eut pour protecteurs les Rois de France depuis Louis VII qui lui donna, en 1154, le château de Boigny, près d’Orléans, qui lui servit de Siège Magistral, jusqu’à la Révolution.

Les rois de France furent généreux avec l’Ordre, Saint Louis lui donnant le port d’Aigues-Mortes, pour ses vaisseaux de Méditerranée en vue de combattre les barbaresques et Louis XIV celui de Saint-Malo pour la flotte du Ponant destinée à la guerre des courses.

En contrepartie, l’Ordre fut chargé de l’organisation de la Marine, de l’École Militaire et de l’administration des hôpitaux et des « Maisons-Dieu » du royaume par Louis XIV qui le chérissait particulièrement en tant que « plus ancien Ordre hospitalier de la chrétienté ».

Sous l’invocation de Saint Lazare, celui que le Christ a ressuscité, l’Ordre a pour protecteur Sa Béatitude, le patriarche melkite grec catholique « d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem », Grégorios III Laham, qui réside actuellement à Damas.

De nombreuses personnalités ont compté et comptent encore parmi ses membres : des princes du sang, souvent titulaires de la Grande Maîtrise (le Dauphin, futur roi Louis XVI, puis son frère le comte de Provence, futur roi Louis XVIII), le Marquis de Dangeau, gouverneur de Touraine, membre de l’Académie Française, le docteur Albert Schweitzer, Prix Nobel de la Paix, Henri Bordeaux de l’Académie Française, ainsi que les Tsars Paul 1er de Russie et Alexandre 1er, le Grand-Duc Constantin, de religion orthodoxe et le roi de Suède Gustave IV, de religion luthérienne, sans oublier Raoul Follereau.

L’Ordre de Saint Lazare fut donc œcuménique dès son origine et tout au long de l’histoire.

Il s’honore de compter aujourd’hui parmi ses membres le Cardinal Georges Pell, archevêque de Sydney, nommé récemment préfet du secrétariat pour l’économie au Vatican, relevant directement de sa Sainteté le Pape François, et Chapelain du Grand Prieuré de L’Ordre pour l’Australie. Le Cardinal Liénard, le Cardinal Hayes, archevêque de New-York, en font également partie, ainsi que l’amiral Lacaze, le capitaine de frégate Yann Cariou, commandant de l’Hermione, etc.

Actuellement, l’Ordre compte plus de cinq mille membres répartis dans plus d’une quarantaine de pays.

Son Grand Maître est S.E. Don Carlos Gereda de Bourbon, Marquis d’Almazan, un cousin du roi d’Espagne, qui veille à ce que l’Ordre reste fidèle à ses traditions : esprit chevaleresque, unité des chrétiens et actions hospitalières (en Inde, en Arménie, en Roumanie, au Bénin, à Madagascar, au Cameroun, en Haïti, au Liban, etc.).